Neverhome, Laird Hunt

Le texte commence comme un récit réaliste sur la guerre de Sécession puis effectue une plongée saisissante dans le cauchemar, via l’héroïne, un personnage tout en sensations puissantes.

Constance, femme de Bartolomew, devient Ash Thompson et bande ses seins de fermière pour se faire soldat, engagé dans les forces de l’Union, avant de devenir une légende, celle de Galant Ash.

Le départ est euphorique. Constance vous retourne un champ comme d’autres une crèpe, elle a la gâchette sûre, et a besoin de la guerre, elle compte bien se faire une centaine de rebelles à elle toute seule. Lorsqu’elle part, comme les autres volontaires, c’est en braillant d’enthousiasme.  Constance est guidée par la voix de sa mère, disparue après une nuit de haine. Elle se précipite dans les combats, se fait remarquer par ses actes de bravoure, sa féminité passe inaperçue. Il y a bien deux trois accrocs, mais Constance supporte la promiscuité, la saleté, les hésitations du commandement. Lors d’un défilé, elle grimpe à un arbre pour recouvrir de sa veste militaire, le torse une jeune fille dénudé par l’ enthousiasme patriotique. Nait alors Galant Ash, le surnom qui lui colle à la peau, alors que Ash Thompson survit sur les champs de bataille et que la vraie Constance se dissout dans les horreurs des massacres. Au fur et à mesure du récit, on ne peut plus vraiment parler de guerre, dans ce qui est décrit, tout n’est plus que sueurs, crasses, crânes et corps explosés, menbres amputés. On marche avec elle sur des champs de cadavres.

Et toujours, Constance écrit à son homme, et toujours son homme lui répond. Dans cette correspondance, se révèle un hiatus dans l’amour qu’ils se portent et ils ne semblent plus vraiment se parler du même passé, ni des mêmes douleurs.

Le récit glisse dans un chaos épique, Constance est de plus en plus hantée par les hommes fantômes errants comme elle, dans des territoires qu’on ne peut plus distinguer clairement, mais que l’on sent, touche, remue … Une forme de lyrisme poisseux envahit les paysages et les hommes, notamment le personnage du colonel de son régiment, bientôt général, clairvoyant, décalé, un homme qui lui, ne voulait pas y aller ….

Never home dit une errance, une formation vers soi même, d’un picaresque poignant, jusqu’à la fin.

 

19 commentaires sur “Neverhome, Laird Hunt

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  1. Te voilà repartie dans une bonne dynamique, à ce que je vois ! Tant mieux pour toi et pour nous ! Tu viens de faire pencher la balance en faveur de ce titre, en ce qui me concerne, j’hésitais jusqu’à présent, mais ton billet me donne j’ai l’impression qu’il est pour moi..

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    1. Il me reste encore des notes rédigées sur des lectures décevantes, mais là, je n’avais pas vraiment envie d’en publier une matin? va-t-en savoir pourquoi ….
      A un moment, je me souviens qu’on en parlait beaucoup sur les blogs, et moi, évidemment, je l’avais tenu à distance ce titre, parce qu’on sait bien que la vague monte …. et puis redescend. Ce qui fait que oui, on a bien fait d’attendre, il pourrait bien te plaire, et même beaucoup de plaire !

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    1. Je me souviens qu’il avait eu beaucoup de billets effectivement et pas mal de discussions. Je ne vois d’ailleurs pas trop ce qui avait pu faire polémique ( si je me souviens bien …) Il est juste beau.

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    1. Je n’en ai pas lu beaucoup, pour ma part. Mais celui ci est un roman rare, je trouve, l’auteur a trouvé un ton … Je cherche …. d’un réalisme halluciné ? Je ne sais pas si ça existe, mais bon, on va dire ça !

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    1. j’ai hésité en librairie, juste avant le confinement, je regrette maintenant, mais comme je regrette beaucoup d’autres titres. Ils attendront leur tour, tant pis pour eux … !

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