Le journal de ma disparition, Camilla Grebe

Ormberg est un village sinistré, dont toute l’économie a fuit. Il est perdu dans une forêt étouffante de froid au fin fond de la Suède. L’été, quelques touristes viennent y contempler des paysages grandioses, à côté des habitants qui se sentent abandonnés par la marche d’une modernité qui les a relégués au rangs de bouseux. Alors que, dans les locaux qui furent industriels, sont hébergés des immigrés, venus de guerres dont les habitants n’ont jamais entendu parler, et qui eux, reçoivent des aides de l’état…..

Malin appartient à cette communauté où chacun se connaît, où les rumeurs font mal, où les autres sont des ennemis, où l’on ne doit pas se montrer différents, où l’on dit aussi qu’un enfant fantôme pleure auprès du monticule de pierres au fond de la forêt. Certains l’ont entendu. C’est pourtant dans cette forêt, près de ce monticule que Malin, adolescente, et deux de ses amis, Kenny et Anders se sont installés pour vider quelques canettes de bière. Malin aimait Kenny, même si Kenny, ce soir là, avait sérieusement les mains froides et l’haleine poisseuse de bière. Mais bon, l’atmosphère est encore plus plombée lorsqu’elle la jeune fille tombe sur le crâne d’un squelette d’enfant. La fillette était enterrée là depuis huit ans, apprend on par la suite. Pourquoi, ce soir là, le corps est remonté de dessous les pierres, ma foi, ce phénomène restera inexpliqué jusqu’à la fin du roman … Et ce ne sera pas le seul trou noir du récit …. Loin de là, hélas !

Alors, après ce cadavre qui se dégage des pierres juste au moment où Malin faisait pipi à côté, on découvre Peter, un jeune adolescent du village, qui lutte contre « le mal qui le ronge », c’est-à-dire irrépressible désir de s’habiller en femme. Sa mère, morte d’un cancer, a laissé à disposition sa penderie et c’est ainsi que Peter peut enfiler sa robe à paillettes et ses escarpins à talons. Vu qu’il est seul à la maison, que son ivrogne de père est parti jouer à la game boy avec ses copains et que sa soeur se pavane tranquillement en mini jupe quelque part, il lui prend l’idée d’aller se promener dans la forêt enneigée … Où il tombe sur une femme hagarde, aux allures de sorcière, qui disparaît en oubliant un carnet que Peter récupère avant de se rendre compte que quand même, c’est étrange de se retrouver là …. et de laisser derrière lui un indice de son secret.

Et l’on retrouve Malin, devenu jeune policière inexpérimentée, engagée pour résoudre le cold case resurgit lui aussi de nul part (le squelette qu’elle avait découvert dans la forêt, dix ans plus tôt). Elle ne rêvait que de quitter Ormberg, et la voilà de retour chez sa mère.

Bref, on commence à tourner en rond, le racisme ordinaire se mêle de l’intrigue, et la maladie d’Alzheimer aussi. Non, ce n’est pas une blague … Hanne, la profileuse de l’équipe de Malin, a perdu la mémoire, et son carnet avec tous les indices dedans, et vu que c’est Peter qui l’a et que le « mal qui le ronge » lui prend beaucoup de temps, on tourne toujours en rond, sans compter qu’on patauge dans la neige. Il y plus de fausses pistes que d’arbres dans la forêt et Malin s’égare aussi dans des réflexions assez dérangeantes sur la nécessaire compréhension due aux pauvres habitants suédois victimes économiques oubliées, alors que les réfugiés, eux, les pauvres, faut les plaindre, la guerre, c’est dur, mais quand même, c’est pas que eux les victimes ….

Racisme ordinaire, alcoolisme, Alzheimer, l’amour qui fuit, les problèmes de genre, le  roman est trop hétéroclite et l’enquête bat sa coulpe.

11 commentaires sur “Le journal de ma disparition, Camilla Grebe

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  1. J’ai bien aimé au départ, mais franchement les problématiques sociales ou individuelles s’accumulent et au bout d’un moment, tu perds l’enquête de vue … Je vais jeter quand même un œil sur l’archipel des larmes, Mais, après Orange et d’autres thrillers que j’ai lus cet été, celui-ci ne fait pas le poids.

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    1. Si tu reviens par ici, tu pourras lire le commentaire de Luocine qui est d’un avis très différent du mieux et que je comprends aussi.
      Au pire, ça te fait un objectif PAL chez Antigone ^-^

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  2. Moi j’ai bien aimé alors que les romans policiers me laissent indifférente le plus souvent. Je trouve que l’auteur se donne du mal pour nous montrer l’envers de la médaille de la Suède je ne savais pas grand chose de ce qu’elle raconte ici

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    1. Et bien, cela explique notre divergence, je pense. Comme j’aime beaucoup les policiers et les thrillers, je me suis attachée à l’intrigue et à ses codes habituels, l’aspect informatif ralentissait l’intrigue. Alors que toi, tu as pu y prendre ton temps. Une double lecture à double vitesse !

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  3. Découvert en version audio, et je confirme l’enquête passe au second plan par rapport à une atmosphère de xénophobie forte et des aspects de filiation. J’ai bien aimé, quand même mais j’aime bcp les romans noirs 🙂

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  4. Moi aussi j’adore les polars, mais je deviens peut-être trop exigeante, cela fait un moment que je n’en ai pas lu un qui m’enthousiasme … Si tu as des titres, je suis preneuse !

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