Rescapée, Fiona Kidman

Un roman d’aventure, un roman historique, un roman de mœurs, bien charpenté comme la coque d’un navire qui file droit sa route, un bon petit pavé comme on les aime … « Un destin de femme », encore un à mon palmarès, mais aussi « des femmes » : Betty, « la rescapée », sa grand-mère et son ancienne institutrice devenue par hasard la confidente de l’aventure « honteuse ». Le pluriel, ça change quand même un peu et du pluriel, il y en a d’autres aussi, sur fond de mixité pas assumée, de Maori et d’amours circonscrites sur des îles peu paradisiaques.

Betty est la descendante d’un couple de conscrits, des qui sont venus peupler l’Australie en purgeant leur peine loin de l’ Angleterre, arrivés là par bateau pénitencier. La peine purgée, ils se sont faits paysans pauvres, un peu relégués quand même. Betty va prendre soin de sa grand-mère pendant que sa tante prend soin, à sa façon, d’un autre conscrit, John Gard. Lui, il a commencé à s’enrichir un peu, chasse aux phoques, puis chasse aux baleines. Dire qu’il n’est pas un tendre est un doux euphémisme, disons qu’il n’exprime que peu de tendres sentiments. Comme prince charmant, on a vu plus convaincant. Ce rude célibataire a « le tison qui le brûle », et c’est la jeune Betty qu’il va choisir pour l’étendre. Pas vraiment la pleine passion pour elle, pas vraiment un vrai mariage, mais une alliance revêche et râpeuse, mais solide, entre ces deux là.

Deux enfants plus tard et deux comptoirs baleiniers ensuite, la rudesse de cette vie ne leur fait pas peur, entre massacres moaris et massacres de baleines, peu d’épanchements humanistes. Et le naufrage, John doit abandonner sur le rivage Betty et les enfants aux mains d’une tribu de « sauvages noirs ». Quand, elle en reviendra, délivrée dans des conditions des plus louches et expéditives, c’est en captive qu’elle voit, et qu’elle est vue de la bonne société de Sydney. Qu’a-t-elle fait ? L’a-t-elle fait ? Qu’a-t-elle subi ? A moins qu’elle n’ait ( » Non …. ») … ? Les bonnes langues autour de la table du gouverneur en laissent échapper quelques fantasmes.

Betty n’en dira rien, sauf à son ancienne institutrice, qui n’avait pour elle que mépris et ne jurait que par ses dieux grecs, mais prise elle aussi entre deux eaux de la respectabilité, son oreille se fait compatissante. Pendant ce temps-là, John grogne dans son journal : Betty a fauté, elle est salie, point de salut, sans un mot, ni pour la femme, ni pour la mère.

Evidemment, on finira par savoir le secret. Quant au sort de Betty et de John, le baleinier et la baleinière, ben moi, je n’en dirai évidemment rien. Sauf que les baleineaux n’ont qu’à se tenir loin de leurs eaux.

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