La lettre écarlate, Nathanaël Hawthorne

coeurbruleLa Nouvelle Angleterre du XVII ème siècle est rude aux femmes qui fautent, et Hesther Prynne, arrivée sans mari dans la petite communauté de Boston, a mis au monde un enfant dont elle refuse de dévoiler l’identité du père. Emprisonnée, humiliée en place publique, debout face à ses congénères, la fierté de la jeune femme est foulée aux pieds de la religion, des convenances, au nom de la sainte pudeur et modestie des pères fondateurs. En marque d’infamie, elle porte sur la poitrine la lettre A, brodée par elle même en des points d’une extraordinaire beauté provocatrice.

Etrange atmosphère où est clouée au pilori des regards la femme adultère mais où la soeur du maire, notoirement abonnée aux rondes du sabbat dans la forêt, peut l’invectiver en toute impunité du haut de son balcon …Paradoxalement, l’héroïne, mise au banc de cette micro société et pétrie de remords, assume la honte la tête haute et parvient presque à une irréprochable vertu, lorsque le mari surgit des bois et de nul part, pour lui retomber dessus en ourdant une satanique vengeance …

Je ne sais pas à quoi je m’attendais en découvrant ce classique de la littérature américaine, mais certainement pas à autant d’ennui. Après l’interminable introduction autobiographique où l’auteur m’avait déjà perdue dans l’évocation de son rôle dans l’administration des douanes de Salem, je me suis raccrochée à l’apparition d’Hester et de son enfant dans le soleil brumeux et matinal, attendant que quelque chose soit foudroyé, dans ce monde implacable et sinistre de la loi pudibonde de la colonie. Le rythme est lent, vraiment lent, les phrases sont longues, vraiment longues. Mais bon, ce ne sont pas quelques subordonnées interminables qui vont me décourager. Sauf que, il n’y a pas que les subordonnées qui sont interminables, l’analyse des personnages l’est tout autant, dissertant sans fin sur des motivations obscures … S’y mêle une sorte de fantastique ésotérique, un prêtre mystique, un feu noir de la passion brûle quelque chose quelque part, la lettre clignote comme un appel de phare, genre faites gaffe les puritains ça va chauffer sévère …

Les manigances sataniques m’ont totalement refroidie.

Petit bac 2022

16 commentaires sur “La lettre écarlate, Nathanaël Hawthorne

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    1. Il est considéré comme un classique, un des points de départ de la littérature américaine. On y trouve un imaginaire marqué par le puritanisme mais aussi, déjà, une présence forte de la nature … Mais le style est trop daté pour moi, il y a « trop de mots » ^-^

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    1. Effectivement, pas trop de vrai coups de coeur dernièrement, mais ce n’est pas grave, je tire quand même toujours quelque chose de ces lectures en demi teinte. Et puis quelques autres titres sont passés entre mes mains depuis celui-ci !

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  1. Lu il y a quelques temps et j’ai trouvé également le démarrage assez long, l’écriture assez datée voire ampoulée mais le fond du récit est malgré tout intéressant…. Une des références de la littérature classique américaine et c’est pour cela que je voulais le lire 🙂

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    1. C’est ce qui m’a motivée également pour cette lecture, je ne m’attendais quand même pas à une écriture aussi pesante, elle ne se laisse jamais oublier (du moins je n’arrivais pas à oublier qu’il fallait que j’aille au bout des longues phrases pour être certaine que j’avais bien compris ce que j’avais déjà cru comprendre dès le départ …) Et le mysticisme, ça doit pas être pour moi !

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    1. A vrai dire, l’histoire de cette jeune femme a fini par être noyée pour moi dans les méandres des analyses mystiques et pour moi, inutilement obscures. Mais bien sûr, on ne peut demander à un classique du XIX de gagner du temps en relisant Freud ou Bourdieu !

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  2. Ha bon, je commence ton article avec la curiosité de voir ce que tu as aimé dans ce classique… et je comprends que tu t’y es ennuyée comme moi. Je l’avais en numérique, alors, sans le plaisir du papier et des pages à tourner, je l’ai lâchement abandonné…

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    1. En numérique, c’est certain, je n’aurais pas tenu non plus. Je ne sais pas si c’est le plaisir de tourner les pages ou autre, mais à chaque fois que j’ai tenté de lire sur liseuse, j’ai remarqué que j’ai plus de difficultés à fixer mon attention sur ce que je lis, je papillonne …

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