L’écrivain national, Serge Joncour

L’écrivain national ?

Où il est question, comme le titre l’indique, d’un écrivain, pas vraiment national, mais juste assez connu pour être invité par un couple de libraires pour une résidence d’artiste d’un mois. A Donzière.

Ce n’est pas vraiment le gros lot de la notoriété. La petite ville qui invite se situe entre Nièvre et Morvan, en terrtoire plus forestier que culturel. L’écrivain se prépare donc à un séjour sans histoires, entre rencontres, ateliers d’écriture, pots d’accueil , buffets arrosés de canapés-chips et blanc à bulles tièdes. L’après-midi, c’est jus multifruits et gâteaux secs.

Quand l’écrivain arrive à la gare, il pleut dru et le libraire est en retard. Il reste coincé dans cette gare, déserte, comme échouée en rase campagne. Un exemplaire d’un quotidien local traine sur le comptoir du point café, qui ne fait pas point presse, et Dora le percute de plein fouet, au travers d’une photo illustrant un fait divers local : la disparition du Commodore. Le commodore est un personnage du le coin, vétéran d’Indochine, solitaire, propriétaire d’hectares de forêts. On le dit riche, très riche. On dit aussi que ses locataires, Dora, donc et son compagnon, trafiquent on ne sait quoi, on ne sait, mais ils sont louches.

La belle Dora et sont compagnon Aurélik sont donc des suspects fort pratiques. Elle est libérée, pas lui. On ne sait pas non plus pourquoi, donc, c’est louche aussi. Le regard de Dora sur la photo fait sacrément dévier le séjour paisible de l’écrivain dans les traverses.

Dans la petite ville, on n’aime guère son intérêt pour l’affaire. Tout en ragots et sous entendus, on lui souffle de rester à la place qui lui avait été préparée, d’arriver à l’heure, sans vêtements boueux et écorchures au visage, on tire son attention vers la vie locale, ses petites joies. Mais Dora est un aimant trop puissant, en kangoo, en vélo, dans le brouillard, dans la boue, embourbé dans son attirance pour elle, l’écrivain multiplie les bévues. Tout en se laissant chouchouter par la patronne du grand hôtel de la place du marché, il commence à énerver tout le monde On a bien voulu lire ses livres, maintenant, il faut qu’il mérite le surnom que le maire lui a attribué, « l’écrivain national ».

Ce n’est pas l’histoire d’une enquête, pas vraiment, elle erre et vagabonde cette histoire entre Dora, le Commodore, les gendarmes, puis, des taillis touffus qui cachent une affaire d’usine à bois, de résistants écolos. Elle n’est pas non plus une satire des petites villes et de secrets bien gardés à la Chabrol, même si il y en a des accents indéniables. Elle parle aussi des lecteurs, cette histoire, des lecteurs et de leur rapport aux personnages, du rapport de l’auteur au réel. On oscille entre l’auto portrait d’un écrivain pied nickelé et un road movie immobile entre médiathèques, auberges forestières, hameaux aux volets clos et aux rideaux qui bougent …

Une sorte de roman zig zag, ou en accordéon, plutôt à découvrir en prenant son temps.

 

9 commentaires sur “L’écrivain national, Serge Joncour

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  1. Joli billet ! Je n’ai pas aimé ce roman autant que tu sembles l’avoir aimé, j’ai trouvé les personnages un chouia caricaturaux, et la partie « policière » pas très intéressante. Mais j’ai aimé tout le côté « écrivain invité » et les rapports avec les lecteurs bien vus et amusants.

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    1. Je ne sais pas trop si j’ai aimé en fait … Disons que le personnage de l’écrivain est bien campé, je l’ai trouvé assez crédible, un peu loozer, attachant dans ses rapports avec les lecteurs, avec les gens en général, un côté Antoine Doisnel perdu dans les bois, dans un monde qui n’est pas le sien, qu’il tente de cerner en se plantant sans arrêt.
      J’ai un gros faible pour ce genre de personnage !

      Aimé par 1 personne

    1. La fascination pour Dora a une fonction de boomerang, je pense, sans elle, pas de retards aux rencontres, pas de regards torves. Mais je te rejoins les rencontres avec les habitants de la petite ville sont plus marrantes.

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  2. Je rejoins l’avis général : j’ai aimé l’écrivain invité et ses relations avec les villageois, c’est plutôt bien vu et amuant, j’ai trouvé ses relations à Dora et le côté enquête un peu bof…

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