Diamants et silex, José Maria Arquedas

Feuerstein-bruchMariano est un simple, un personnage un peu lunaire. Sur sa harpe, se perche un faucon. Dans la petite ville où il est descendu vivre depuis trois ans, quelque peu poussé par son frère hors de son village de la montagne des Andes, on ne se moque pourtant pas de lui, comme des autres indiens. En effet, il est sous la protection de Don Aparicio, un jeune homme dont la mère est propriétaire d’immenses terres et de centaines d’indiens. Le maitre est fiévreux, passionné, riche, tourmenté, et sa haute taille et ses sourcils broussailleux en imposent aux habitants. Il n’a donné à Mariano qu’une seule règle en l’installant dans la grande maison, que le harpiste ne joue et ne chante que pour lui.

Aux petits matins tristes, lorsque don Aparicio n’a pas trouvé l’apaisement dans l’ivresse, que la nuit a passé en excès, de bars en bars, que les notables du coin se sont laissés ridiculiser par le jeune homme et l’alcool, qu’une ultime maitresse de hasard n’a pas calmé sa sombre ardeur, Mariano fait retentir les complaintes de la Cordillère dans le patio. « Colombes des champs », « le saule ingrat », « la grive » résonnent dans l’âme du maitre, mystérieusement. On ne sait ce que cherche Don Aparicio. Dans la ville, capitale de la région, arrivent deux femmes, un perdues et sans trop de ressources. Le jeune homme leur ouvre les portes de son hospitalité, peu amène et assez rude. La jeune fille fille est blonde, fragile et couleur de blé au soleil. Don Aparicio fait venir des fleurs blanches depuis les lointaines vallées des Andes. Nul amour ne semble pourtant l’étreindre. Irma, la jeune vierge enlevée par Don Aparicio des années auparavant, sa maitresse préférée, peut-être, tente alors une manœuvre trop audacieuse pour mater son amant imprévisible …

Ce titre, je l’avais noté chez Claudialucia, à l’occasion du mois latino américain organisé chez Ingannmic. La force poétique du récit donne des pages assez envoutantes, et j’ai relu certains passages plusieurs fois pour en goûter les images. Mais ,j’ai finalement été moins éblouie par le soleil noir de la mélancolie qui baigne ce court récit que Claudialucia. Mariano m’a semblé perdu dans l’élan furieux de Don Aparicio, broyé par un rapport de force dont la finalité m’a échappée.

Petit bac 2022

8 commentaires sur “Diamants et silex, José Maria Arquedas

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    1. Ce n’est pas vraiment du merveilleux cette fois ci, mais l’écriture et le récit sont imprégnés d’un lyrisme assez sombre qui fait qu’on est pas vraiment dans le réalisme non plus … En fait, je ne sais pas vraiment comment décrire cette atmosphère ^-^, te voilà peu renseignée … Désolée !

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    1. Peut-être un chouia trop de mystère pour moi en ce qui concerne les motivations du personnage de Don Aparicio, qui est une sorte de diamant brut, comme l’écrivait claudialucia l’année dernière.

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    1. Et on réalise aussi qu’on a un livre sur ses étagères depuis un an … !!! (mais je crois que j’en ai d’autres qui attendent depuis encore plus longtemps que cela )
      Le mois latino semble bien plaire effectivement, et l’année dernière j’avais pu y participer beaucoup plus. Cette année, je suis plus modeste mais je suis quand même les billets et j’ai noté quelques titres déjà. Pour l’année prochaine ? ^-^

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